Editeur : Vertigo/DC Comics
Editeur de la version française : Toth


hardtime"Brian Azzarello et Richard Corben sont définitivement les meilleurs auteurs pour ce portrait de John Constantine en nature morte. Chez Azzarello, le sens du rythme, de la caractérisation et des situations, explose à chaque scène dans une maîtrise cristalline. Et Corben fournit ce qui est, peut-être, l’une des oeuvres les plus brillamment sombres d’une longue et déjà légendaire carrière"

Alan Moore 

C’est un très beau compliment de la part d’Alan Moore, grand écrivain anglais et papa de John Constantine apparu vers la fin des années 80 dans les Swamp Thing de Moore.

Qui se douterait que ce personnage cynique allait tant plaire aux lecteurs?

C’est en janvier 88 que sortira le 1er numéro de la série Hellblazer par Jamie Delano , série qui a dépassée le stade des 200 épisodes, sans relaunch, et qui a rassemblé des gens de talents sur le titre. Après Delano suivront des grands noms comme Grant Morrison, Neil Gaiman(pour un épisode seulement), Garth Ennis, Paul Jenkins, Warren Ellis et enfin Brian Azzarello.

Azzarello commence donc son run avec cet arc, « Hard Time », dans lequel John Constantine est enfermé en prison. Pourquoi ? Il faudra le lire pour le savoir.

J’ajouterais juste que notre Hellblazer sera confronter à la dure réalité du monde carcéral américain, à ces gang dans les prisons, à la dure loi du plus fort.

A la place d’adhérer à un gang, John choisira de suivre la voie de l’individualisme. Résultat, toute la prison est sur son dos. Notre British blond s’en sortira-t-il ?

Pour ceux qui ne connaisse pas Brian Azzarello, ce dernier est un vrai maître du polar, chose qu’il a prouvé avec son œuvre phare, « 100 Bullets », série toujours publiée mais sur le point de se terminer(toute chose à une fin même les meilleures) ou encore avec son « Batman : Broken City » .

Le scénario d’Azzarello est accompagné par des dessins de Richard Corben(« Den », « Solo », « Punisher : The End »), grand dessinateur underground américain.

Cette collaboration n’est pas la première étant donné que les deux compères ont travaillé ensemble sur les mini séries « Cage :Mafia Blues » et « Hulk : Banner ».

Que dire de cet arc ? Déjà par son ambiance carcérale, ses gangs, il fait beaucoup penser à la série d’HBO, « OZ » auquel on ajoute une pincée de magie noire provenant de « Johnny Boy ».

John a-t-il un rôle dans tout ça ? Comment cela finira-t-il ? Et bien je vous laisse le découvrir en lisant ce Hard Time.

Richard Corben dessine donc cet arc. Autant le dire tout de suite, son style ne plait pas forcément à tout le monde. J’avoue qu’avant je n’aimais pas son style.

Mes goûts ayant pas mal évolués depuis un an, je dois dire que j’apprécie son trait.

Le seul reproche que je ferais c’est le faciès des personnages quand ils sourient. Tous sourient à pleine dent et dans tout œuvre de Corben cette image me fait penser à un copier coller.

L’histoire d’Azzarello est superbement bien construite. John arrive comme simple détenu et par son attitude d’isolement par rapport aux autres s’attirent les ennuis. Mais en cherchant des ennuis à l’homme à l’imper, ce sont les ennuis et hallucinations qui viennent à eux.

Constantine, qui est de faible consistance par rapport aux malabars de la prison, va pourtant marquer celle-ci à jamais.

En venant ici, c’est comme si le loup était entré dans la bergerie.

La prison était déjà un enfer, l’arrivé de l’anglais va rendre celui-ci bien pire.

C’est en quelque sorte le maître des lieux.

Toutefois tout n’est pas si simple pour lui. Il sera en quelque sorte piégé, isolé et visité par des esphellblazerhardtimevfrits. Pendant ce temps la prison s’agite et une rébellion éclate.

En définitif, le run d’Azzarello commence très fort. C’est un assez bon point de départ pour quelqu’un n’ayant jamais lu de Hellblazer.

Sachez que l’édition chez Toth, même si elle est assez chère, est une édition parfaitement réalisée et plus grande que le tpb ou les numéros.

Planches agrandies, papier glacé, c’est donc une belle édition.

Je vous conseille de lire cet arc et ce quelque soit votre camp, celui de la VO ou de la VF.

Avis : A lire d’urgence.