Scénario : Alan Moorerireetmourirv
Dessins : Brian Bolland
Couleurs : John Higgins
Editeur: Delcourt(collection Contrebande) / DC Comics
Sorti en 2000 en VF chez Delcourt et en 1988 chez DC Comics

Synopsis: Batman, convaincu que ses duels incessants avec le Joker vont finir par provoquer la mort de l'un ou de l'autre, se rend à l'asile d'Arkham pour proposer une trêve à son vieil ennemi. Mais une fois de plus, le Joker s'est évadé ! Et il a kidnappé la fille du commissaire Gordon.
Son but ? Rendre fou le commissaire, pour prouver à Batman qu'il suffit parfois d'une seule très mauvaise journée dans la vie d'un homme bon pour qu'il bascule dans la folie et le crime.
C'est en effet ce qui est arrivé, des années auparavant, à un pauvre comique raté qui voulait devenir riche rapidement pour nourrir sa femme et son bébé, et qu'une très, très, très mauvaise journée transforma définitivement en tueur psychopathe au visage de clown toujours souriant...

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Lors de sa longue carrière de justicier de Gotham, Batman a connu de multiples tragédies. La toute première est la paralysie de Barbara Gordon.
Avant de s’intéresser à cet événement traumatisant dans la vie du Caped Crusader, remémorons-nous les évènements précédents dans la continuité :
-Dick Grayson devient Robin
-Les Teen Titans se forme
-Barbara Gordon devient Batgirl
-Ra's al Ghul kidnappe Robin(Dick Grayson) et se fait connaître auprès de Batman
-Dick Grayson devient Nightwing
-Jason Todd devient le second Robin
-Le Multivers est détruit, il ne reste qu’une terre unique
-Barbara Gordon devient paralysée par la faute du Joker


A la lecture de ce one-shot, je suis nostalgique car je le connais, sans vraiment le connaître. Je m’explique. J’avais 5 ou 6 ans et mon premier comic était un chronique de Batman, celui-ci contenant ce « Killing Joke ». Donc comme je le dit je le connais, mais à l’époque je ne savais pas encore lire, je n’étais pas encore en CP et je me contentais de regarder les images, comme tout enfant.
Les années passèrent et un jour, ma famille déménagea et je perdis mes précieux premiers comics.
Je n’ai donc jamais pu les lire mais certaines images restèrent graver dans ma mémoire.
L’une d’elle était ce clown psychopathe qu’est le Joker qui tire sur Barbara Gordon et la chute de celle-ci sur la table en verre. Et la seconde image dont je me souvenais était les photos de Barbara, nue, baignant dans son sang, et surtout la douleur qu’on pouvait lire sur son visage.
Voilà ce dont je me rappelais mais à part ça, il ne restait que le vide.
C’est donc une séance de rattrapage mais aussi une découverte de ce chef d’œuvre d’Alan Moore et de Brian Bolland.
Alan Moore nous offre donc un portrait du Joker, mais aussi de ce qu’il était avant d’être l’illuminé qu’on connaît aujourd’hui.
Ce qu’il y a de remarquable c’est qu’au fil de la lecture le Joker nous répugne, mais aussi on a de la sympathie pour ce dernier quand on voit ce qu’il était et comment il est devenu ce qu’il est.
Nous voyons donc une personne peu sûre d’elle, un raté essayant de trouver par tous les moyens de l’argent pour sa femme qui attend son premier enfant. Voulant se lancer dans un carrière de comique qui n’aboutira pas, le sieur n’aura plus qu’un seul moyen de trouver de l’argent et ce moyen est le crime.
Et quand vient le grand jour, la malchance frappe le pathétique personnage. Sa femme meurt, il est contraint de réaliser le crime, le plan ne se déroule pas comme prévu, Batman arrive et la journée se finie par une chute dans des produits chimiques qui transformeront la personne pour qui le lecteur avait pitié en un redoutable esprit dérangé.

Selon le Joker, « une mauvaise journée peut rendre quelqu’un cinglé ». C’est pour prouver cela qu’il a voulu rendre fou le commissaire Gordon en le torturant, le maltraitant, en s’attaquant à la personne qui compte le plus pour lui et en l’humiliant.
Il se dit que Batman et lui sont tous les deux devenus des fous en passant une mauvaise journée et il me semble ne pas avoir tort. Tous deux ont perdu des êtres chers en une journée. Le Joker perd sa femme et son futur enfant mais aussi son humanité à la fin d’une journée. Batman, quant à lui, perd ses parents et son innocence. Le Joker l’admet mais Batman ne veut pas l’admettre. Quand il dit que Gordon n’a pas sombré dans la folie, il cherche peut être à démentir ce que le Joker dit.
Le fait est que contrairement à Batman et au Joker, Gordon n’a pas perdu la seule personne qui lui est chère. Même si Barbara perd l’usage de ses jambes, elle est toujours en vie. La question que l’on pourrait se poser est de savoir que serait devenu Gordon si Barbara était morte .
Aurait-il sombré dans la folie comme Batman ou le Joker ?

En plus de nous montrer le passé du Joker, Alan Moore dévoile la naissance du nemesis  de Batman. C’est Batman qui, accidentellement, à créer le Joker. Un fou en costume fait sombrer un homme qui n’a plus rien à perdre dans la folie.

Les dessins de Brian Bolland font vieillot à notre époque mais sont vraiment efficaces, beaux. L’ambiance est parfaitement retranscrite avec les dessins.
Reste le problème des couleurs cependant bien trop flashant.
 
« Rire et Mourir » est donc un album incontournable que les fans de Batman et surtout du Joker se doivent de posséder car non seulement l’approche est surprenante, l’histoire est très bien construite(même si la fin est assez étrange), et l’album coûte moins d’un dizaine d’euro.

Avis : Conseillé pour tous.